• Camille

L'infernal des Vosges 68km - 3000D+

J'en avais assez peu parlé puisque finalement, je me suis décidé assez tardivement à faire cette course. Mais une fois mon triathlon passé cet été, j'avais vraiment besoin de retrouver les joies du trail et de la rando, après le 40km des Passerelles en 2018, j'aurais souhaité un 50km pour 2019, mais on ne se refait pas...j'aime l'idée de ne pas être sûre d'y arriver, alors pour Septembre, j'ai opté pour une course Vosgienne : les 68km de l'Infernal.


Malgré beaucoup de randos et de vélo cet été, il me restait seulement 2 petits mois de préparation. Ce qui est finalement peu pour encaisser assez de kilomètres pour être prête mais sans se surcharger malgré tout.


Compte-rendu Infernal des Vosges 2019


BREF, Samedi matin, 5h debout pour un départ donné à 8h. J

e me prépare, je stress, mais j'étais déjà dans ce "mood" très robot : affaires prêtes, déjeuner englouti, une compote à boire 30min avant le départ dans ma poche, GPS préparé, plus qu'à rouler.

Je galère un peu à trouver le parking. Une fois là bas, la boule de stress dans mon ventre commence clairement à grossir, mais retrouver cette ambiance me remplit d'une joie intense.

Je passe sur les différents stands et je me dirige rapidement vers la zone de vérification des sacs pour ensuite attendre dans le sas de départ. Une copine me rejoint, nous sommes sur la même distance mais je sais d'avance qu'elle partira devant !


Je suis finalement assez peu en avance puisqu'on attend très peu avant le discours de début de course et le top départ. Il ne fait pas très chaud, il y a énormément de brume mais on nous annonce un temps presque caniculaire pour la journée. Ca ne m'inquiète pas trop, je préfère ça à de la pluie.


compte rendu infernal des vosges 2019 trail

Le discours du speaker m'hérisse les poils, la musique aussi, le décompte est lancé, on trépigne comme des animaux. C'est parti. Les premiers minutes sont particulières : un mélange d'excitation, de peur en mode "mais qu'est ce que je fabrique dans ce merdier à cette heure ci", et de "ok ça va être vraiment très long".

Mais comme d'habitude les premiers kilomètres défilent vite, il y a encore du monde, toujours un keke pour sortir "allez les gars encore 67km", mais moi ça me fait bien rire. On se réchauffe, les 5 premiers kilomètres sont plats, ensuite on commence rapidement à grimper dans la forêt.


J'ai découpé ma course en fonction des ravitos : Le premier au km20, le deuxième au km30, une base de vie km42, dernier ravito km53, et l'arrivée km68.


infernal des vosges : 20 PREMIERS KM

Il sont passés étonnamment très vite, j'encaissais sans aucun soucis le dénivelé, je courrais facilement derrière, il y avait beaucoup de petits singles hyper agréables, c'était fluide, bref, j'arrive au premier ravito très fraîche, j'ai entièrement confiance pour la suite. Par contre j'ai énormément bu et il était temps que je puisse remplir mes flasques. Comme à mon habitude, je me goinfre un peu trop, et surtout de n'importe quoi : chips, saucisson, fruits, fromages, mais je n'ai jamais mal au ventre alors je me fais plaisir 😂


infernal des vosges : KM20 AU KM30

La prochaine portion ne s'annonce pas très compliqué, seulement 400D+. C'est plutôt roulant, la température est vraiment idéal, je discute pas mal, toujours la java dans ma tête, je suis trop contente d'être là. J'ai l'impression de vraiment bien gérer, j'ai mal nulle part, je suis en forme, je mange et bois comme il faut.


infernal des vosges : KM30 AU KM42

Après avoir encore bien mangé au ravito, j'angoisse à peine pour cette section, 1000D+, c'est pas pareil. Je marche vraiment tout le temps dans cette montée interminable, c'est impossible de courir et ça me paraît si loooooong. Je suis toujours en forme mais je commence à sentir un peu jambes, je croise Annick 62 ans, qui est impressionnante : elle n'avance pas vite mais à un rythme plus que constant, elle me dit qu'elle aimerais être comme moi, alors je lui répond que je prie d'en faire autant qu'elle à son âge !

Par contre je commence à avoir réellement mal sous les pieds, vous savez cette sensation de voute plantaire toute talée.

Arrivée au ravito du KM42, je me dis que les choses sérieuses commencent maintenant, je n'ai jamais dépassé cette distance. Il en reste un peu plus de 20, ça paraît rien et tellement à la fois.

Je ne voulais m'asseoir à aucun moment de cette course car je sais que repartir est difficile même si ce n'est qu'une minute. Mais à ce ravito je décide quand même de prendre mon temps, je me pose, je mange deux assiettes de pâtes (j'ai jamais tant apprécié les pâtes qu'à ce moment là), je vais aux toilettes et je repars doucement. Ouf, ça m'a fait vraiment du bien, j'ai refais le plein d'énergie.


KM42 AU KM53

Je me crois en forme les premiers mètres mais rapidement j'en ai marre, ça y est le premier vrai coup dur, j'ai mal au pied, c'est long, en plus les paysages se ressemblent, ça me sool. Je crois que ça se lit sur mon visage et un mec me dépasse en m'encourageant à "prendre sa roue", c'est un peu près plat, alors je m'exécute, c'est le petit coup de boost qu'il me fallait, je le suis un petit moment puis je suis obligé de ralentir car je commence à avoir un gros point de côté. Je décide de marcher encore et finalement c'est allé vite ce bazar et j'arrive déjà au dernier ravitaillement. Les jambes ont mal mais le moral est remonté. On me demande 10x si tout va bien au ravito et je réponds que oui avec un grand sourire. Je réalise qu'il reste vraiment peu de kilomètres, que cette fois, c'est presque sur, je vais le faire.


QUAND IL Y EN A PLUS IL Y EN A ENCORE

Les montagnes russes continuent, j'alterne entre moment d'euphorie et de désespoir tous les deux mètres. Mais vers le km60 je me remets à courir à une allure plus soutenue, le mental prend le dessus, je sais que c'est bientôt la fin. La nuit tombe, je suis seule dans la forêt et je vous avoue que je ne suis pas hyper sereine #flipette. Mais très vite je rejoins deux lorrains et on décide de sortir les frontales et d'avancer ensemble. Je suis super émue de courir avec des gens (clairement avec la fatigue je suis émue pour rien), on croise deux groupes de personnes qui nous encouragent, j'ai les larmes aux yeux. Et j'en ai ras le cul. De nouveau du D+ dans le forêt. Merde. Mais finalement il fait noir, je me contente de fixer la lumière de ma frontale au sol et j'avance. Un pas après l'autre. Mains sur les cuisses. J'ai 65km à ma montre, je suis si heureuse de terminer dans quelques minutes...

Et là des bénévoles nous indiquent l'arrivée dans 7km. PARDON?

Moi qui pensait arriver d'ici 3km. La nouvelle est assommante.

J'ai de vagues souvenirs de cette dernière partie, mise à part cette forêt noire et glissante, ces troncs au milieu du chemin que je galère à enjamber. Je suis épuisée et je sens le manque d'entrainement sur la durée. Je me souviens aussi parler de tout et de rien avec ces lorrains. Raconter ma vie, des détails que jamais je n'aurais dévoilé à des inconnus (bon pas mon numéro de carte de crédit non plus hein).

Mais c'est fou comme le contexte et l'effort nous change, mais qui suis plutôt réservée. On entend la voix du speaker, sans voir le bout de cette course, on tourne autour de cette arrivée sans s'en approcher.

Ces 7 derniers km ont été plus dur que tous les premiers.


l'arrivée

Enfin, on rejoint le stade, on est dans la ville, chaque pas sur le bitume me font comme des décharges électriques sous les pieds. Mais on court et à ce moment là je suis totalement déconnecté, tant d'émotions en même temps. Je me souviens courir 15km et trouver ça déjà fou. Je me souviens admirer les gens qui osaient ce genre de distances. Je me souviens ce Samedi matin à 5h, encore incertaine de boucler ce trail. Il est plus de 21h et la médaille est autour de mon cou. Je croise le regard de Nicolas, le lorrain des dernier kms. Ce genre de regard pur, sans filtre, avec autant d'émotion que dans le mien. Je suis assise par terre et quelques larmes sortent.


On recommence quand ?













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